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Jean Calvin, né à Noyon en 1509, va à Paris pour étudier l’art puis le droit à Orléans et Bourge. Mais très vite, il abandonne ses premières études pour s’intéresser aux idées nouvelles de la Réforme, qu’il adopte en 1533. Dès lors, il se consacre entièremenent à la rédaction d’ouvrages de théologie en langue française et devient un prédicateur de talent.

... L’évangélisation du réformateur n’a rien de bruyant comme celle de Farel, rien de brillant comme celle de Luther ; mais si elle a le cachet de sa nature réservée, elle en a la solidité. Il tenait moins à faire des insurgés contre Rome, que des disciples fidèles à Jésus-Christ ... il croyait « que toute Église, comme tout État, doit être fondée sur le peuple. »

Cette belle biographie, rédigée à la fin du XIXe siècle, s’adresse à un large public et conserve tout son intérêt historique et littéraire.

L’auteur, N.-A. François Puaux (1806-1895) est né à Vallon Pont-d’Arc (Ardèche). Il étudie le droit à Montpellier puis la théologie à Montauban.

Partisan très actif du mouvement du Réveil, pasteur à Luneray, Rochefort et Mulhouse, il a rédigé de nombreux ouvrages sur le protestantisme, dont une monumentale Histoire de la réformation.

 
"... Calvin, sans s’effrayer des difficultés que l’avenir lui réservait, était de plus en plus convaincu que Genève ne serait véritablement une ville chrétienne que le jour où chaque citoyen courberait la tête sous un joug commun ; ce joug, il le forgea de ses propres mains, non pour s’asservir les Genevois, mais pour les asservir à Dieu et s’y asservir le premier. Il faudra donc que l’État et l’Église se prêtent un mutuel appui, et que de leur accord surgissent la prospérité et la grandeur de la République. Le réformateur se place hardiment sur le terrain biblique ; l’Évangile c’est sa charte, il ne veut rien de plus, mais rien de moins. Il organise d’abord le ministère qui se compose du pasteur, qui, dans l’Écriture, est appelé surveillant ou évêque, ancien, ministre ; la charge de pasteur consiste à prêcher la parole, à administrer les sacrements et à faire, avec les anciens, les censures ecclésiastiques. Nul ne pourra être nommé pasteur s’il n’a pas une bonne doctrine, la capacité de l’enseigner et une vie exemplaire. S’il réunit ces conditions, on lui imposera les mains et il pourra être élu pasteur par la compagnie des pasteurs ; mais sa nomination ne sera valable que tout autant que le Conseil l’aura, par quelques-uns de ses membres délégués à cet effet, entendu traiter de l’Écriture en l’assemblée des ministres. ..." (extrait du livre)
 

Table des chapitres :

Chapitre premier. — Naissance de Calvin, – Son père le destine à l’Église. – Premières études du jeune Calvin. – Il fait l’admiration de ses maîtres. – Son père se décide à lui faire étudier le droit. – Calvin à Orléans et à Bourges. – Sa conversion.

Chapitre II. — Calvin à Paris. – Ses travaux missionnaires. – Ses succès. Il écrit un Commentaire sur le livre de la Clémence de Sénèque. – A-t-il voulu donner dans cet écrit une leçon indirecte à François Ier ? – Nicolas Cap. – Le discours qu’il prononce à l’octave de la Saint-Martin. – Colère des prêtres. – Nicolas Cap et Calvin prennent la fuite. – Calvin à Angoulême. Accueil amical qu’il reçoit du chanoine Louis Du Tillet. Travaux de Calvin à Angoulême. – Voyage de Calvin à Nérac. – Accueil distingué qu’il reçoit de Marguerite de Valois. Détails biographiques sur cette princesse. – Joie du vieux Lefèvre d’Étaples à la vue de Calvin. – Il pressent en lui le futur réformateur de l’Église. – Calvin retourne à Noyon. Il amène quelques membres de sa famille à la foi chrétienne. – Son retour à Paris. – Affaire des placards. – Colère de François Ier – Huit bûchers se dressent à Paris. – Calvin prend la fuite. – Il va à Angoulême et avec Du Tillet se dirige vers Poitiers. – Travaux missionnaires de Calvin. – Ses succès. – Il quitte Poitiers et se dirige vers Orléans avec Du Tillet.

Chapitre III. — Calvin et Du Tillet quittent Poitiers et se dirigent vers Orléans, où Calvin publie sa Psychopannychia. – L’un de leurs valets les vole. – Leur arrivée à Bâle. – Calvin fait paraître son Institution chrétienne qu’il dédie à François Ier. – Célébrité que cet ouvrage lui donne. – Calvin et Du Tillet partent pour Ferrare. – Accueil distingué que Renée de France fait à Calvin. – Succès du jeune réformateur à Ferrare. – Hercule d’Este, époux de Renée de France, redoutant la colère de Charles-Quint et du pape, empêche la duchesse de c-ontinuer à recevoir les proscrits pour leur foi religieuse. – Calvin quitte Ferrare. – Dangers que court sa vie. – Ses prédications au Val d’Aoste. – Son retour en France. – Il quitte Noyon et se rend à Genève. – Sa célèbre entrevue avec Farel.

Chapitre IV. — Entrevue de Calvin avec Farel. – Calvin se décide à partager les travaux de Farel. – Détails biographiques sur Farel. Ses travaux missionnaires à Paris, à Gap, à Neuchâtel et dans la Suisse française. – Il conquiert Genève à la Réforme. – Ses deux aides, Froment et Viret. – Difficultés que rencontre Farel après sa victoire. – Dieu lui envoie, pour l’aider dans son œuvre, le jeune auteur de l’Institution chrétienne.

Chapitre V. — Calvin donne à Saint-Pierre des leçons publiques sur l’Écriture sainte. – Joie de Farel. – Il cède la première place à son jeune ami. – Difficultés de la tâche des deux réformateurs. – Fermeté de Calvin. – Il rédige une confession de foi et unit étroitement l’Église à l’État. – Il s’occupe de l’instruction publique et compose un catéchisme. Origine du parti des Libertins. – Leur opposition à l’œuvre de Calvin. – Pourquoi. – Découragement de Calvin et de Farel. – L’aveugle Corault relève leur courage. – Débats à l’occasion de la manière de célébrer la sainte Cène. – Le synode de Lausanne décide contre Farel et Calvin. – Les deux amis en appellent au synode de Zurich. – Les Libertins obtiennent la majorité dans le Conseil, qui ordonne que la Cène sera célébrée selon le rite bernois. – Opposition des deux amis. – Scènes tumultueuses à Saint-Gervais et à Saint-Pierre. – Bannissement des deux réformateurs. – Paroles de Bonnivard.

Chapitre VI. — Calvin et Farel, accompagnés de Corault, se dirigent vers Berne. – Accueil peu empressé qu’ils y reçoivent. – Ils sont mieux accueillis à Zurich. – Les deux amis à Bâle. – Le séjour de cette ville plaît à Calvin. – Au moment où il veut s’y fixer, il est appelé à Strasbourg. – Calvin pasteur et professeur. – Son mariage avec Idelette de Bure.

Chapitre VII. — Les Libertins maîtres à Genève. – Le synode de Zurich envoie une députation à Genève, pour demander aux magistrats de permettre à Calvin et à Farel de revenir pour défendre leur cause. – Refus du Conseil. – Danger que court la députation. – Indignation des églises suisses. – Les magistrats paraissent vouloir faire respecter les lois. – Suppression du collége et bannissement du directeur et des régents, – Joie de Pierre de La Baume. – Son espérance de reconquérir son évêché. – Réunion de neuf prélats à Lyon. – Objet de leur réunion. – Le cardinal Sadolet. – Sa lettre aux Genevois pour les engager à rentrer dans le giron de l’Église romaine. – Impression profonde causée par la lettre de Sadolet. – Belle réponse de Calvin à Sadolet. – Les prélats réunis à Lyon envoient des prêtres sur les terres de Genève, pour ramener les Genevois au romanisme. – Renvoi des prêtres. – Exécution de Jean-Philippe. – Réaction en faveur de Calvin. – Les magistrats le rappellent. – La sainte Cène. – Divisions des réformateurs touchant l’interprétation des célèbres paroles : Ceci est mon corps, ceci est mon sang.

Chapitre VIII. — Arrivée de Calvin à Genève. – Il demande aux magistrats qu’on s’occupe immédiatement de l’organisation de l’Église. – On lui alloue un traitement et un logement. – Il rédige les Ordonnances ecclésiastiques. – Il proscrit la croix. – Les aides de Calvin. - Sa sévérité à l’égard des pasteurs indignes. – Fondation de la république calviniste. – La peste à Genève. – Héroïque dévouement du pasteur Blanchet. – Calvin s’offre au Conseil pour soigner les pestiférés. – Refus du Conseil. – Mort de Blanchet. – Lâcheté de quelques pasteurs. – Le fléau reparaît. – Les boute-peste. – Supplice de ces scélérats.

Chapitre IX. — Arrivée à Genève de Quintin et de Pocque. – Danger de leur enseignement. – Vigilance de Calvin. – Il combat leur panthéisme. – Ravages que fait cette doctrine. – Le gentiIhomme et le cordonnier ou le panthéisme condamné par lui-même. – La lutte commence entre les Libertins spirituels et Calvin. – Ameaux et sa femme. – Inconduite de cette dernière et propos de son mari contre Calvin. – Sévérité outrée du Consistoire. – La lutte devient de plus en plus vive. – Fermeté et sévérité de Calvin. – Supplice de Gruet. – L’ami de Calvin, Amied Perrin, se déclare son ennemi. – Désordres de la femme de Perrin et débauches de son beau-père. – Le.consistoire sévit à leur égard. – Destitution d’Amied Perrin, accusé de trahison. – Colère des Libertins. – Séance orageuse à l’Hôtel de ville. – Intrépidité de Calvin. – Les partis font la paix. – Cette paix n’est qu’une trêve.

Chapitre X. — Les lieutenants et les amis de Calvin, Farel, Viret, Théodore de Bèze, Galéas, Pierre Martyr, Hotman, Marlorat, Crespin, Robert Estienne, Chandieu. – Calvin avait-il un cœur ? – Intérieur domestique du réformateur. – Ses épreuves de famille. – Sa résignation. – Mort d’Idelette de Dure. – Douleur de Calvin.

Chapitre XI. — L’harmonie paraît renaître entre les Libertins et Calvin. – Elle n’est qu’apparente. – Insultes et outrages prodigués à Calvin. – Son esprit de paix. – Il arrache aux Conseils une proclamation aux fidèles, qui relève le courage des pasteurs. – Retour apparent de la paix. – Nouveaux troubles. – Excommunication de Bertbelier. – Le Conseil casse l’excommunication. – Berthelier et les Libertins se disposent à prendre la Cène à Saint-Pierre. – Calvin la leur refuse. – Courage héroïque du réformateur. – Farel à Genève. – Son discours à l’église de la Madeleine. – Colère des Libertins. – Ils intentent un procès à Farel. – Courage de Farel. – Son acquittement et son triomphe. – Soumission apparente des Libertins. – Nouvelles agitations. – Les Libertins et les réfugiés. – Ces derniers calomniés par les Libertins. – Les réfugiés se défendent. – Les Libertins projettent le massacre des réfugiés. – Ils échouent. – Supplice des uns, fuite des autres. – Chute des Libertins et triomphe de Calvin.

Chapitre XII. — Michel Servet. – Détails biographiques sur sa vie. – Son esprit critique et aventureux. – Il embrasse la Réforme. – Ses erreurs en matière de foi. – Répulsion qu’il inspire. – Il étudie la médecine. – Pouvant être le premier médecin de son siècle, il veut en devenir le premier théologien. – Sa vie errante. – Il publie son grand ouvrage, la Restitution du christianisme. – Cet ouvrage est dénoncé à l’inquisition. – Calvin accusé d’être son dénonciateur. – Dénégation de Calvin. – Servet est mis en prison à Vienne. – Il s’évade. – Sa condamnation à mort, par contumace. – Il est exécuté en effigie. – Servet se réfugie à Genève. – Il est reconnu. – Calvin le fait arrêter. – Son procès commence. – Détails et incidents du procès. – Les églises de la Suisse consultées sur la culpabilité de Servet. – Leurs réponses unanimes et affirmatives. – Servet est condamné à mort. – Son supplice.

Chapitre XIII. — Le triomphe de Calvin sauve Genève du joug du pape et de l’étranger. – Influence de Calvin. – Il gouverne les Églises réformées de France. – Les Pères du célèbre synode de fondent leur œuvre sous l’inspiration de Calvin. – Genève protégée visiblement de Dieu devient un foyer d’évangélisation. – Candidats au martyre qui se pressent à la porte du cabinet de Calvin. – Imprimerie. – Services immenses qu’elle rend à la propagande protestante. – Travaux gigantesques de Calvin. – Ses nombreux écrits. – Son dogme de la prédestination. – La ville de Genève sous les prêtres. – La nouvelle Genève sous Calvin. – Calvin a accompli sa tâche. – Ses insulteurs et ses admirateurs.

Chapitre XIV. — Affaiblissement sensible dans la santé de Calvin. – Ses travaux au milieu de ses grandes souffrances corporelles. – Il est contraint de cesser ses fonctions publiques. – Il va pour la dernière fois prendre la communion à Saint-Pierre. – Les magistrats et les pasteurs lui rendent visite. – Paroles humbles et cordiales qu’il leur adresse. – Visite de Farel. – Leur touchante. entrevue. – Leurs derniers adieux. – Souffrances de Calvin. – Sa pieuse résignation. – Il s’en va à Dieu le mai . – Douleur des Genevois. – Son inhumation au cimetière de Plainpalais. – Aucun monument ne lui est élevé. – La vieille Genève est pleine de son souvenir, Saint-Pierre nous dit son courage. – L’académie. Son amour de l’instruction. – Sa maison ; ses douleurs domestiques et sa chrétienne hospitalité. – Son mobilier, sa pauvreté et son désintéressement. – Belles paroles sur lui écrites sur le registre du Consistoire.

Chapitre XV. — Calvin et ses insulteurs. – Un pape, Pie IV, s’est constitué son défenseur devant la postérité. – Conclusion.

 

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couvertureCalvinPuaux

Noë-Antoine-François Puaux

JEAN CALVIN


ISBN 978-2-915723-02-1
prix 12 euros
Ft 15 x 21 cm. – 164 pages

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