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Guillaume de Félice est né le 12 mars 1803 à Otteberg (Palatinat), et décédé le 23 octobre 1871 à Lausanne. Sa famille s’installe à Lille en 1804. Il étudie la théologie à Strasbourg et Lausanne. Il rejoint l’Église réformée en 1827, est nommé pasteur à Bolbec ; il enseigne par la suite la théologie à Montauban avant de s’installer à Yverdon.

Guillaume de Félice est connu pour son action en faveur de l’abolition de la traite des noirs ; il élabore la fameuse pétition de 1846.

Son Histoire des Protestants de France, a connu de nombreuses éditions, remises à jour jusqu’à sa mort puis complètées par François Bonifas. De 1850 à 1895, ce n’est pas moins de 8 éditions qui rejoignent les libraires, c'est dire le succès à l'époque ! La version que nous proposons dans ce livre est la quatrième, publiée en 1861. C’est sans doute la partie la plus intéressante pour les lecteurs contemporains, car les ajouts successifs étaient surtout destinés à « coller » à l’actualité du XIXe siècle (nouveaux synodes). Or, depuis l’entrée en vigueur de la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, la situation des Églises (toutes confessions confondues), a considérablement évolué dans la France du XXe siècle. (Nous publierons dans un second tome, le "sixième livre" de cette Histoire poursuivie par François Bonifas, couvrant la période de 1861 à 1880.)

On s’attachera principalement dans cette réédition, à l’histoire ô combien passionnante, — et passionnelle —, de la naissance douloureuse de la Réformation, de ses nombreux épisodes dramatique et glorieux, jusqu’à l’époque où Guillaume de Félice écrivît cet ouvrage.

Témoin proche de ceux qui ont vécu les heures sombres de la Terreur et des espérances du Concordat, Guillaume de Félice nous dresse cette Histoire d’une plume aisément lisible par tous.

C’est donc avec plaisir que l’on (re)lit ces pages intenses, qui sont intimement liées à l’Histoire de France.

 

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Le parti calviniste avait définitivement donné sa démission après la prise de La Rochelle, et l’histoire des réformés ne sera plus mêlée aux grandes affaires du royaume jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes.

C’est en vain que des personnages de la plus haute naissance, qui appartenaient à la communion catholique, les provoquèrent à reprendre les armes : il ne se trouva plus de huguenots dans les rangs des adversaires de la royauté.

En 1632, le duc Henri de Montmorency, appuyé par Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, essaya de réveiller les passions religieuses dans le Languedoc dont il était gouverneur. Il s’adressa aux gentilshommes de la religion, aux pasteurs, aux consistoires, aux synodes, et ne recueillit partout que des refus. Il eut dans son parti cinq ou six évêques, mais pas un seul réformé. Le second consul de Nîmes conserva la ville au roi, en chassant l’évêque et le premier consul qui était catholique. Les habitants de Montauban offrirent de marcher contre les troupes de Montmorency, et, chose mémorable ! les malheureux restes des habitants de Privas défendirent leur place pour le service du roi. Le cardinal de Richelieu disait alors des réformés : « Ils ont fait plus que tous les autres. »

Environ vingt ans après, pendant les troubles de la Fronde, le grand Condé, faisant valoir les vieux souvenirs de sa maison, voulut les attirer sous son drapeau, et y employa des émissaires qui semaient des bruits sinistres. Ils allaient disant d’église en église que la régente Anne d’Autriche avait promis au clergé de révoquer les édits de pacification, que son premier ministre Mazarin était un cardinal italien sans bonne foi, qu’il n’y avait que la force qui pût préserver les réformés d’une ruine complète, et que le prince de Condé leur -garantirait une pleine liberté de conscience et de culte. Ces appels restèrent encore sans effet.

Les Rochelais soutinrent le parti de la régente contre leur propre gouverneur. Les Montalbanais s’épuisèrent d’hommes et d’argent pour la même cause. La ville de Saint-Jean-d’Angély, qui n’avait que des murailles démantelées, se défendit contre les troupes rebelles. Le Vivarais et les Cévennes fournirent des soldats dévoués, et presque toute la noblesse réformée des provinces -méridionales, s’étant levée contre le prince de Condé, garda pour le roi le Languedoc, la Saintonge et une partie de la Guyenne.

Ces services étaient grands. Le cardinal Mazarin disait : « Je n’ai point à me plaindre du petit troupeau ; s’il broute de mauvaises herbes, du moins il ne s’écarte pas. » Il ne parlait des pasteurs de Montauban qu’en les appelant ses bons amis, et le comte -d’Harcourt dit aux députés de la même ville : « La couronne chancelait sur la tête du roi, mais vous l’avez affermie. »

Louis XIV en témoigna plus d’une fois sa reconnaissance, en particulier dans sa déclaration du 21 mai 1652. On y lisait : « D’autant que nos sujets de la religion prétendue réformée nous ont donné des preuves de leur affection et fidélité, notamment dans les circonstances présentes dont nous demeurons très satisfaits, savoir faisons que pour ces causes ils soient maintenus et gardés, comme de fait nous les maintenons et gardons dans la pleine et entière jouissance de l’édit de Nantes. »

Et c’est ce même roi qui a fait souffrir les plus longues, les plus odieuses persécutions à ceux qui avaient affermi la couronne sur sa tête ! C’est lui qui a signé en 1685 le fatal édit de révocation ! Quelles furent les causes de tant de violences et de malheurs ? Nous touchons ici à l’un des plus intéressants problèmes de cette histoire.

... (extrait du livre)

couverture-Félice

Guillaume de FELICE

HISTOIRE DES
PROTESTANTS DE FRANCE


ISBN 978-2-915723-03-8
prix 25 euros
Ft 15 x 21 cm. – 572 pages
 

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